Les rêveries du promeneur solitaire...

Variation très libre sur un thème de Jean-Jacques Rousseau

 

 

 

Tout se déroulait un peu comme à la course d'école, d'un bosquet à l'autre en petit groupes sous la conduite du grand timonier à la moustache fleurie. Même une des jeunes-filles, pour satisfaire un besoin naturel, avait risqué de rencontrer le grand méchant loup dans la forêt. Chouquinet avait jusqu’ici joué sans faille son rôle de chevalier servant. Le soleil revenu lui avait  cependant tant chauffé la boîte à rêves qu'il en oublia, et Chouquinette et tout le reste de la classe. Le moment du sirop, du thé de houblon, de la tarte au sucre et à la crème, et du plein de vide, j'allais l'oublier, était arrivé. Tout à coup Chouquinette remarqua l'absence de son aimé. Alarme générale, recherche angoissée. A-t-il, lui ce garçon si fort, été mangé par le grand méchant loup, s'est-il égaré à ramasser un bouquet ou des champignons pour sa Chouquinette ? Non, nullement préoccupé, il avait déjà trouvé une autre maison de fée et y dégustait en toute quiétude un thé froid de houblon encore bien plus parfumé que celui qu'il aurait pu recevoir auprès de la fée choisie par le grand timonier. Dans sa rêverie de promeneur devenu solitaire plutôt que solidaire, il n'avait veillé qu'à mettre un peu de poivre sur les tartes à la crème sucrée et quelques kilomètres de plus dans les jambes encore trop lestes du grand timonier. Chouquinette, elle, en a eu plus de palpitations que le jour où Chouquinet lui avait, les deux genoux à terre et un grand bouquet de violettes dans les mains, déclaré son amour éternel !

Toute ressemblance avec des personnes connues telles que Jocelyne ou Eric ne serait que le fruit d'une pure coïncidence !

Auteur connu de la rédaction