Tics verbaux qui font tiquer

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »

             Nicolas Boileau-Despréaux

 

Ce que j’écris ci-dessous en italique et caractères gras, sont les formules ridicules que nous subissons quotidiennement à l’écoute des media. Identifions ensemble si vous (le) voulez ces mots parasites.

 

Encore une fois, voilà, vous savez quoi ? Alors, donc, en fait, on va pas s’mentir, du coup, c’est vrai que, euh, à quelque part, au niveau du langage parlé de notre époque j’avoue, on va dire ça comme ça, que, en fait, pour faire court, il est parfois compliqué de décrypter ces expressions  emblématiques et incontournables qui battent leur plein. C’est grave, juste pas possible.

Eh ben voilà, euh, on l’aura compris, au final, effectivement, c’est vrai que, à quelque part, j’ai envie de dire qu’à la limite, au jour d’aujourd’hui, au niveau de la com, ce sont introduites des expressions furieusement tendance et qui, entre guillemets, font le buzz mais sont juste trop agaçantes. En fait, j’vais vous dire, vous n’êtes pas sans ignorer qu’en subissant les infos ou les déclarations des gens qui jouent dans la cour des grands, que le langage, à l’insu de notre plein gré, est envahi d’expressions parasites, venant des quatre coins de l’Hexagone, qui ne font pas de sens, mais bon!... Sans transition, je ne vous cacherai pas que, par rapport à ça, nous allons droit dans le mur. Bref, voilà, quoi! Si vous voulez, ça pose question, ça fait souci, c’est grave, c’est la galère, pas vraiment supportable, juste pas possible. Si tu vois ce que je veux dire, euh! Mais bon! Au niveau du langage, c’est ces tics que je dénonce au travers de cette chronique, en envoyant un signal fort.

Sans vouloir faire problème, et rebondir sur le sujet, et pour recadrer le débat, il faut revoir sa copie, revisiter notre langage basique.

À la limite, sans faire long, par rapport au vocabulaire, j’ai le sentiment, vous voyez, qu’on est sur des expressions limites, à côté de la plaque. Faut pas rester scotché, i’ faut se la jouer cool, j’veux dire, faut faire avec, quoi ! et assumer ces mots incontournables, on peut dire ça comme çà.

Dire oui ne suffit plus, il faut donner du j’avoue, absolument, carrément, c’est évident, « toutafé », complètement, y’a pas de souci, c’est pas faux, c’est clair. Dire très est ringard et on emploie plutôt trop, méga ou méga cool.

Bref, on l’aura compris, pour faire court, sans vouloir en re mettre une couche, j’ai le sentiment que, l’un dans l’autre, l’emploi du « on » à la place du nous, l’abandon des liaisons, l’usage des « euh », faut voir, voilà, « et bien », y’a pas photo, y’a pas d’souci, interpelle, pose question et (ne) me parle pas. J’ai comme du mal à capter et c’est pas que du bonheur et ne fait pas sens. Ça pose question « au quotidien ». Faut-il faire avec, se la jouer douce, ou plutôt revoir sa copie, botter en touche ou bien faire bouger les lignes en envoyant un signal fort ? Tu sais quoi ? C’est pas l’ pied ! C’est pas ma tasse de thé. C’est pas l’top! C’est too much. Mais, au final, il faut gérer, j’te dis pas ! Faut-il revisiter notre langage ou bien botter en touche ou rester droit dans ses bottes, changer de braquet et, cerise sur le gâteau, passer à la vitesse supérieure ou bien assumer et garder la langue de bois ?

Du coup, on va pas se mentir, i vaudrait mieux savoir d’avance ce que l’on veut dire ou pour faire court, « se la coincer ». Point-barre.

« In principio erat verbum »

      St. Jean

Jean-François Ducaud