Journées cinématographiques de Soleure, du 19 au 25 janvier 2009

Pendant les Journées de Soleure (titre français pour les journées cinématographiques de Soleure), la ville est devenue un espace de rencontre et de dialogue entre le cinéma, la politique et la culture.

Les nominations pour le Prix du Cinéma Suisse ont été faites par une commission de membres de l’Académie du cinéma suisse lors de la Nuit des Nominations. Le prix sera remis cette année le 7 mars au KKL. Le nouveau Prix de Soleure, doté de 60'000 CHF et décerné par un jury spécial (Ruth Dreifuss, ancienne ministre de la culture, Stina Werenfels, réalisatrice, et Peter Weber, écrivain), doit hono-rer un film empreint d’humanisme.

Le traditionnel Prix du Public, doté de 20'000 CHF, a été décerné au film ayant recueilli les faveurs des spectateurs. Par ailleurs, le festival a fêté diverses personnalités : le journaliste Martin Walder (NZZ am Sonntag) a reçu le prix Pathé du journalisme cinématographique, pour sa critique Szenen einer Ehe sur le film Giorni e nuvole de Silvio Soldini. La loueuse de films Ilona Stamm a reçu le prix d’honneur pour les 70 ans qu’elle a consacrés au domaine du film. Le chef opérateur polonais Piotr Jaxa a aussi reçu un prix pour l’ensemble de son œuvre.

Attente déçue

Le film Räuberinnen (brigandes) de Carla Lias Monti a suscité un grand intérêt longtemps avant les Journées grâce à un marketing subtil et des adjectifs tels que « scandale, satire ». Ainsi, la salle du Landhaus était pleine pour la diffusion du film. Mais après des scènes de sexe corsées, de bordels, de torture, etc., les spectateurs ont quitté la salle en masse. Des mots critiques tels que « ordures, dégoûtant, pitoyable, gên-ant, pubertaire » ont été prononcés par les spectateurs.

Résultat : la télévision suisse ne diffusera pas le film bien qu’il fût partiellement financé par des cotisations. L’apparition de personnes connues, telles que Viktor Giacobbo, Patrick Frey ou Alice Schwarzer, ne pouvait pas sauver le film.

Par contre, le documentaire Niemand nicht weiss de Severin Kuhn (né en 83) sur la vie de deux hommes aux prises avec le système d’asile suisse a reçu le prix pour le meilleur court métrage de la relève. Le film Signalis, un dessin animé d’Adrian Flückiger (né en 83), ou le dessin animé Flowerpots de Rafael Sommerhalder (né en 74), ont tous deux enchanté le public.

Les gagnants

Le prix de Soleure a été décerné au documentaire No more smoke signals de la Bâloise Fanny Bräuning. Le film raconte la vie actuelle et l’histoire traumatisante de la nation Lakota, la réserve indienne la plus pauvre des Etats-Unis, dans le Dakota du Sud.

Le prix du public a été attribué à Maman est chez le coiffeur de Léa Pool, réalisatrice vaudoise établie au Canada. Le film traite d’une famille dont la mère a disparu. Une rétrospective de l’œuvre de Léa Pool a aussi été présentée au festival.

Ces journées, inaugurées par le président de la confédération, ont aussi été animées par des manifestations annexes, ainsi que par plusieurs polémiques.

Heather Déverin