« Mon pays le Togo », Boris Awume, le 16 avril 2009

Le Togo résulte de la colonisation allemande de la fin du 19e siècle. Ses voisins sont, d’Est en Ouest le Bénin, le Burkina Faso et le Ghana. Sa frontière sud s’ouvre sur la mer. Sa capitale, Lomé, a 800'000 habitants. Le pays compte environ 5,8 millions d’habitants. Situé de peu au nord de l’Équateur, le climat y est tropical: 8 mois secs et "froids", 4 mois de pluie. Deux tiers des cultures sont vivrières, le reste produit du café, cacao et coton. Le pays est le 5e producteur mondial de phosphate et le 2e en qualité. L’énergie électrique est principalement fournie par le Ghana.

En 1885, les Allemands  s’emparent du pays. Tout en évitant de transmettre leur langue et leur culture car « les Noirs ne sont ni dignes, ni capables de bénéficier d’une telle  éducation, les colonisateurs installent une bonne infrastructure administrative, économique et sociale. En 1914, une opération franco-britannique les chasse et divise le pays : en Togo occidental, anglais, et Togo oriental, français.

Les Français imposent leur langue, interdisant l’usage des langues étrangères et idiomes locaux. En 1946, le Togo oriental passe sous tu- telle de l’ONU, dont la charte sur les droits de l’homme offre une bouffée d’espoir.

Le Togo fut un des premiers pays à se doter d’institutions politiques et électorales. Malheureusement le pays se divise en 2 camps. Le Comité de l’Unité Togolaise (CUT), partisan d’un état réunifié et autonome, et le Parti Togolais du Progrès (PTP), devenu plus tard le Mouvement Populaire To- golais (MPT), qui demandait l’abolition de la tutelle pour une association étroite avec la France.

Le statut politique des deux parties du pays évolue jusqu’à l’indépendance en 1960. Après des épisodes politiques très mouvementés se concluant sur un coup d’état militaire, le général Eyadéma, un Kabyé du Nord, prend en 1972 le pouvoir et impose son seul parti. Le pays semble calme et se développe. Mais le climat politique et social commence à se détériorer, les Togolais supportant mal la loi du silence, la censure et les Nordistes aux commandes de l’État. Les anciennes rancunes entre la cinquantaine d’ethnies du pays refont surface. Dès 1986, de nombreux épisodes de vio- lence se succèdent, le climat politique est très tendu. Ces violences obligent 100'000 personnes à fuir au Ghana et 130'000 au Bénin. L’armée parvient cependant à maintenir le président Eyadéma en place jusqu’à sa mort, naturelle, le 5 février 2005. Son fils Faure lui succède.

Aujourd’hui, l’Occident juge que «Le Togo est calme et que, pour mieux y vivre, il ne faut pas faire de politique!». Mais au Togo, le manque des choses de première nécessité fait que la politique est nécessaire, même si la peur des représailles est sous-jacente.

Eric De Bernardini