Visite du Musée Gutenberg à Fribourg, samedi 20 mars 2010

24 de nos membres se sont rencontrés à Fribourg pour prendre part à cette visite très intéressante. Notre guide André Streuli, un ancien typographe à la retraite, a véritablement aimé son métier et a essayé de nous transmettre son enthousiasme avec ses explications passionnées mais précises.

Les locaux actuels du musée étaient autrefois le grenier de la ville. Les poutres massives qui peuvent être admirées depuis l’entrée sont les poutres originales et datent de 1474. En 1900 déjà, le Musée Gutenberg a vu le jour sous forme de « Chambre Gutenberg » au sein du Musée historique de Berne. En 1910 est née la « Société de soutien du Musée Gutenberg suisse ». Berne abrita le Musée jusqu’en 1985. La décision de réaliser le Musée Gutenberg à Fribourg remonte à 1991 et son inauguration aura finalement lieu en 2000 sous le nom de Musée suisse des Arts graphiques et de la Communication.

Le musée se veut un hommage à l'inventeur de l'imprimerie à caractères mobiles, de l’encre d'imprimerie et de la presse à levier coudé: Johann Gutenberg (1400-1468). Il a été couronné comme l'homme le plus important du deuxième millénaire. Son invention en 1440 a été une révolution pour la culture européenne et porte encore ses effets aujourd'hui. Elle a accéléré considérablement le flux des informations et est à la base de la révolution de la communication que nous connaissons aujourd'hui avec l’Internet, les nouvelles technologies informatiques et le téléphone mobile.

Dans la première salle nous avons pu admirer l’œuvre de relieurs du monde entier qui ont participé à divers concours de reliure. Ensuite notre visite se poursuivait avec l’exposition chronologique de l’histoire de l’imprimerie. Avant l'ère chrétienne, la diffusion de l'écrit se fait grâce à un rouleau de papyrus, composé de feuilles collées côte à côte et enroulées sur des bâtons de bois ou d'ivoire. Ce type de support se prête mal au pliage et ne permet pas d'écriture recto verso. Au début de l'ère chrétienne (2e-4e s.), les codex (cahiers cousus ensemble formés de feuilles pliées) sont faits de parchemin (peaux de moutons, de chèvres, de veaux) sur lequel on peut écrire recto verso. Un livre de format moyen demande environ 15 peaux, ce qui en fait un support coûteux et long à préparer, auquel il faut ajouter le travail laborieux du copiste.

Dès le 13e siècle avec, entre autres, l'essor des universités et l'augmentation du taux d'alphabétisation, l'on ne peut plus satisfaire totalement à la demande. Mais aux 14e et 15e siècles, un nouveau support, le papier, est disponible grâce à la multiplication des moulins à papier. Au début du 15e siècle, le premier haut fourneau fait son apparition dans la région de Liège et le travail du métal connaît d'importants progrès. C'est d'ailleurs un orfèvre, Johannes Gutenberg, originaire de Mayence, en Allemagne, qui est considéré comme l'inventeur de l'imprimerie. Son invention est le fruit de 15 ans d'ouvrage pendant lesquels il réussit à associer quatre éléments, soit le papier, la presse à imprimer, une encre permettant l'impression des deux faces du papier et un moule capable de former les lettres (caractères mobiles en métal) en grand nombre. Le premier livre (1452-1455) est la Bible "à 42 lignes" de format in-folio, dont le tirage est de 160-180 exemplaires.

Les anciennes machines d’imprimerie exposées font penser à des monstres que les typographes, représentés dans le musée en grandeur nature à leur côté, ont dû essayer de dompter ! Par quelle diversité de machines on est passé avant d’arriver aux moyens de communication actuels !!

Avant de descendre à la cave pour regarder le guide faire fonctionner une machine, nous avons pris quelque moment de repos assis sur des chaises faites de carton mais extrêmement confortables. Ces meubles en carton sont à vendre mais à un prix assez élevé.

Après cette visite très instructive, nous avons fait un petit tour de ville commenté par Françoise, Jean-Pierre et Jean-Claude qui viennent à l’origine de la région. Ainsi nous avons brièvement pu admirer la cathédrale St. Nicolas qui n’a obtenu cette épithète qu’en 1924. Auparavant c’était une collégiale. Nous sommes passés par la vieille ville avec ses anciennes maisons et son marché sympathique et finalement sommes descendus vers la partie basse de la ville où Ami nous avait réservé une salle au Café-Restaurant de la Clef.

Nous nous sommes régalés de plats de viande froide, de pain frais et de salades diverses et ensuite de tourtes délicieuses, le tout pour un prix modique. Ainsi ragaillardis, nous avons pris le chemin du retour vers 17.30 h, les uns en montant à pied les 300 marches jusqu’au centre de la ville et les autres au moyen du funiculaire.

Ce fut pour tous une journée bien réussie et, comme toujours, nous remercions de tout cœur Ami et sa commission d’avoir organisé une sortie si agréable.

Heather Déverin