Visite de l’ermitage de Sainte-Vérène, dimanche 12 septembre 2010

Vers 14.00 heures une bonne vingtaine de personnes se retrouvent près de l’église de St-Niklaus. Par une magnifique et agréablement chaude après-midi, les participants se sont réunis pour découvrir l’histoire et les petites histoires de l’Ermitage. Nous partons à la découverte d’une face moins connue de ces lieux en mettant l’accent non pas sur la légende de la sainte, mais sur la création et le développement de la gorge.

La visite débute par un cheminement autour de la chapelle afin de découvrir les tombes de personnalités célèbres ayant vécu au 19e siècle.

Nous commençons par la grande plaque murale de la famille Munzinger. Malgré le style très classique de la décoration, nous avons affaire au « révolutionnaire » de Balsthal,  qui par la suite est devenu l’un des premiers Conseillers fédéraux.

Nous nous arrêtons ensuite sur la tombe d’Amanz Gressly, le grand collectionneur de pierres, l’un des premiers à expliquer la formation géologique de notre Jura. Un peu plus loin nous admirons le buste de Frank Buchser, témoignant de la force de caractère de ce peintre et politicien illustre de Feldbrunnen. Pour terminer, nous allons aussi voir le tombeau de Franz Anton Zetter, questeur du district, commerçant (propriétaire du magasin Kerzenjeger), peintre en ornementation à ses heures, qui a découvert la Madone de Holbein, se trouvant aujourd’hui au Kunst-museum à Soleure.

En quittant le cimetière, nous suivons une partie du chemin de croix qui remonte la forêt pour atteindre l’endroit dit « zu Kreuzen », là où se trouvent les trois croix. C’est l’un des premiers de ce genre dans cette partie de l’Europe. Au XVIIe siècle, les pères franciscains ont « inventé » cette solution afin que les fidèles puissent gagner des « indulgences » puisqu’il était très difficile de faire le voyage à Jérusalem !

Et puis, nous faisons la connaissance de cet aristocrate français, Louis Auguste, baron de Breteuil, diplomate et ministre sous Louis XVI. En 1791 il parraine la percée du chemin à partir de l’entrée sud. C’est lui aussi que va réaliser la première inscription commémorative qui par la suite entraînera les différentes associations à rappeler les mérites de certains hommes de qualité.

A titre d’exemple, j’en retiendrai trois :

D’abord, Amanz Gressli avec « sa pierre du diable », où aujourd’hui encore on reconnaît la marque des griffes de satan…

Ensuite Franz Josef Hugi, prêtre reconverti au protestantisme afin de pouvoir épouser la jeune fille qui s’occupait de l’impression de ses nombreux textes. Il devra quitter son poste de professeur et aura beaucoup de peine à nourrir sa nombreuse famille bien que ses recherches lui vaudront le titre de professeur honoris causa de l’Université de Berne.Et pour terminer, Johann Kottmann qui fonda à Langendorf, là où se trouve aujourd’hui le « Ladendorf » une des premières fabriques d’ébauches ainsi qu’une fabrique de chicorée après avoir déjà créé la fabrique de cigares à Soleure.

Ensuite, nous visitons la chapelle Sainte-Vérène et remontons vers l’église des de Roll.

Avant de rejoindre le restaurant Kreuzen, nous nous rendons vers l’abri qui protège le char permettant à l’époque au tailleur de pierre Johann Bargetzi-Borer de transporter les immenses bassins des fontaines. Ce véhicule pèse 4225 kg. Grâce à lui, on a pu déplacer une locomotive de plus de 42 tonnes de Morat à Fribourg en 31 jours. Pour tirer ce lourd chargement, il fallait atteler 44 chevaux.

De plus, 4 bœufs étaient placés en tête afin d’assurer une bonne cadence de marche !

Finalement chacun et chacune a pu reprendre de ses forces au Restaurant Kreuzen tout en échangeant à loisir ses impressions sur le charme toujours renouvelé d’une visite de ce lieu très prisé des Soleurois.

Claire Muster