La ruelle des Bolzes, film présenté le 14 octobre 2010

Il y a des films qui vous mettent la larme à l’œil. Des films qu’on ne se lasse pas de visionner tant ils sont révélateurs d’une société que l’on croit connaître. «Ruelle des Bolzes» est assurément un de ceux-là. Réalisé par Jean-Théo Aeby, ce documentaire est une sorte d’hommage aux Bolzes, cette «peuplade» de la Basse-Ville de Fribourg.

Des «gars de la Basse» connus loin à la ronde pour leur accent et leurs célèbres expressions mélangeant avec une douce gaieté langue française et allemande. Figures locales ou simples inconnus, les Bolzes, seraient en voie de disparition, mais sont encore bien présents dans les quartiers de l’Auge et de la Neuveville. Retraité hyperactif depuis 2009, Jean-Théo Aeby les a rencontrés au détour d’un chemin ou autour d’une partie de cartes à la table d’un bistrot du coin. Tour à tour comptable, animateur de jeunesse ou encore publicitaire, le réalisateur autodidacte et passionné issu du quartier du Bourg a passé des heures à sillonner cet trange contrée qu’est la «Bolzie». Un voyage d’un peu plus d’une heure dont on revient un peu différent…

Mais qu’est-ce qu’un Bolze ?

« C’est très très simple», répond Hubert Audriaz, qui rayonne sur l’affiche du film avec son T-shirt bleu, sa tignasse grise indomptable et qui sillonne les rue sur son vélo-moteur.. «Les vrais Bolzes, ce sont les gamins pauvres de la Basse-Ville, un peu méprisés par les gens de la Haute. Des gens qui habitent la vieille ville depuis des générations, qui parlaient français au départ et qui sont devenus bilingues en se mélangeant avec les Singinois.» Un bilinguisme tout particulier puisqu’il mélange allégrement dans la même phrase des mots français et allemands. L’artiste peintre Hubert Audriaz, bientôt 70 ans, est un personnage emblématique de la «Basse». Celui qui a inventé le passeport vacances à Fribourg avant de l’exporter dans toute la Suisse romande, crée chaque année des parcours initiatiques pour les enfants dans la vieille ville. Intarissable sur l’histoire des Bolzes, Hubert Audriaz salue le film de Jean-Théo Aeby comme «une avant-première pour réaliser quelque chose de plus véritable sur les quartiers de l’Auge et de La Neuveville.»

«A la rue d’Or 103, dans les années 1950, on était 80 gamins et 14 familles. Y avait des Polonais, des Italiens, des Tchèques, des Bolzes, des Singinois et des gens de la campagne. C’était extraordinaire! s’enflamme-t-il. On dormait à quatre par lit et en hiver, on n’était pas chauffés. Alors on allait chercher des cailloux bien plats à la Sarine et on les chauffait sur la cuisinière. Chacun s’en mettait un dans le dos pour dormir.»

Extraits de presse