Musée des automates à musique à Seewen, dimanche 27 mars 2011

Il fait beau, c’est le printemps, et les voilà: certains par l’autoroute, d’autres par monts et par vaux, détournés par des travaux, l’occasion de découvrir ce paysage du Schwarzbubenland.

Nous sommes une trentaine devant le musée des automates à musique, à Seewen, dans le canton de Soleure. Ce musée abrite une des collections les plus importantes au monde de boîtes à musique suisses à cylindres et à disques, de montres et de bijoux munis de mécanismes à faire de la musique, datant du 18ème siècle à nos jours.

L’exposition ne peut être visitée qu’en compagnie d’un guide. Une charmante hôtesse, qui parle très bien le français, nous accueille dans le „Foyer“. Il y a trois salles d’exposition.

Nous entrons dans la première, l’„Atelier “, où nous pouvons jeter un coup d’œil curieux sur les dessous des automates et y découvrir la technique des musiques mécaniques. Comment le son est-il produit, sur quels supports est-il gravé, comment fonctionnent les instruments mécaniques? Un cours accéléré plein de surprises ! Malheureusement, il est interdit de photographier dans les salles d’exposition.

Une demi-heure passe vite, nous voilà déjà dans le salon bleu, bien installés dans de confortables fauteuils de velours rouge, lumière bleue tamisée. Dans cette salle, l’accent est mis sur le plaisir de l’écoute. Les démonstrations indiquent le prestige dont jouissait la musique mécanique dans les salons de la bourgeoisie cossue et de la noblesse. Il y a des boîtes à musique suisses à cylindres et à disques et aussi un piano mécanique. On se prend un peu pour des invités qui attendent le domestique avec des liqueurs et des infusions !

Ensuite c’est la salle „ArtSon“, on y voit rassemblés des orchestrions, des pianos, des orgues. Les orchestrions remplaçaient les orchestres de danse dans les auberges de nos grands-parents (une idée pour la soirée annuelle du cercle?).

Les joyaux sont un „Phonoliszt-Violina“ de la maison Hupfed, un orgue de danse Decap et l’imposant orgue Welte-Philharmonie.

Informé de l’existence de l’orgue, Heinrich Weiss, le fondateur du musée, en fit l’acquisition en 1969 pour sa collection. Construit dans les années 1913/14, l’histoire de cet orgue est restée inconnue durant de longues années. Au cours de sa restauration, à fin mars 2007, les facteurs d’orgues mandatés sont tombés sur des inscriptions attestant de la destination première de cet instrument. En effet, occupés à nettoyer des endroits habituellement inaccessibles situés sous le sommier de l’orgue, ils découvrent en quatre endroits différents le mot « Britanik ».

Le Britannic, qui devait à l’origine être nommé Gigantic, est mis à l’eau le 26 février 1914. Il fut construit peu après l’Olympic et le tristement célèbre Titanic. Les plans du navire montrent que le Britannic devait être plus luxueux que ses „sister-ships“. Le Grand Escalier arrière devait être pourvu d’un ascenseur et le Grand Escalier avant décoré de Grandes Orgues.

Mais le navire fut réquisitionné par la marine britannique pendant la première guerre mondiale en tant que navire-hôpital, avant même que l’orgue n’ait pu y être installé. Le 21 novembre 1916, le Britannic  coule en mer Egée, en un peu moins d’une heure. On crut longtemps à une mine, mais lorsque le navire fut retrouvé en 1976 par l’équipe du commandant Cousteau, il fut découvert que l’explosion s’était produite de l’intérieur, dûe probablement à la poussière de charbon, un coup de grisou en quelque sorte. La vraie raison de ce naufrage ne sera peut-être jamais élucidée.

C’est ici que finit notre visite guidée, nous pensons encore à tous ces génies inventifs, ces créateurs ingénieux, astucieux, ces Geo Trouvetou (ou Gyro Gyroscope) qui nous ont fait passer 1h30 de rêves, d’harmonie. Et c’est en chœur et en cadence que nous traversons le foyer en passant devant l’orgue de danse de Mortier et les impressionnantes orgues de foire qui jouent à tour de rôle, chaque demi-heure. Un petit tour à la boutique et nous voilà au restaurant „Drehorgel“ avec vue sur une magnifique campagne verdoyante. Un buffet campagnard est préparé, le dessert est bien choisi (merci Ursula). C’est un moment de partage chaleureux et convivial, apprécié de tous. Merci Ami, à bientôt les amis et nous regagnons, contents, nos pénates !