Sortie de printemps au Jura neuchâtelois, 26 mai 2013

Le temps est frisquet ce matin mais il ne pleut pas ce qui est déjà bon signe lorsque l’on pense aux dernières semaines, si bien que les 41 personnes qui prennent place dans le car sont très positives. À 9 heures précises, départ de Soleure pour le Jura neuchâtelois. Durant le voyage, Francis se fait un plaisir de nous donner quelques informations sur le vallon de St-Imier, sa région natale. Première étape du voyage, les moulins souterrains du Col-des-Roches où, sous la conduite de deux guides, nous découvrons l’histoire mouvementée de cet emposieu devenu moulin, scierie, dépotoir puis musée.

Après cette visite, les participants remontent dans le car et départ pour la Pinte de la Petite-Joux au dessus des Ponts-de-Martel, où un excellent repas nous est servi. Mais le temps passe vite et, sitôt les cafés pris, nous repartons pour découvrir le sentier de la tourbière. Un sentier didactique, très agréable à parcourir, nous fait découvrir un magnifique paysage formé au cours des ans. Merci à Roger-Claude pour ses commentaires.

Les articles ci-dessous sont tirés des sites internet des Moulins Souterrains du Locle et Marais des Ponts-de-Martel :

Les moulins souterrains du Col-des-Roches (source : www.lesmoulins.ch)

Au XVIIe siècle, la partie ouest de la vallée située entre Le Locle et le Col-des-Roches n’est qu’un vaste marécage. Le cours d’eau qui la traverse, le Bied, y coule lentement et paresseusement et son utilisation pour faire fonctionner un moulin n’est pas possible. En 1652, trois meuniers, Daniel Renaud, Isaac Vuagneux et Bathalzard Calame demandent au Conseil d’État la permission d’utiliser l’empo-sieu du Col-des-Roches, lieu où toutes les eaux se rassemblent, afin d’y installer deux rouages permettant d’actionner un moulin.

Voyant l’intérêt de l’utilisation de ce lieu, Jonas Sandoz, receveur des Montagnes neuchâteloises et membre d’une famille puissante et fortunée, réussit grâce à ses relations à s’approprier la concession de l’empo-sieu et en 1660, ses prédécesseurs, dédommagés financièrement, doivent quitter les lieux.

Jonas Sandoz fait creuser la grotte, afin d’y installer cinq roues hydrauliques, qui actionneront moulins, scierie, et huilière. Des canaux souterrains conduisent l’eau de rouages en rouages, tandis que des galeries et des escaliers permettent l’entretien de la machinerie. C’est une véritable usine souterraine, que Sandoz ruiné devra vendre en 1690, peu avant de mourir.

Le XVIIIe siècle voit se succéder aux moulins du Col-des-Roches une demi-douzaine de propriétaires, dont l’activité principale sera de simplifier le mécanisme hydraulique. De cinq rouages, on passe à trois et à trois moulins d’où une diminution des coûts d’entretien et une adaptation au besoin du fait que les importations de farine, bien qu’interdites mais tolérées, ne cessent de croître.

Les perfectionnements de l’ère industrielle parviennent aux moulins grâce à l’ingéniosité de Jean-Georges Eberlé, boulanger loclois, propriétaire du site dès 1844. Il construit un vaste bâtiment comprenant moulins, nettoyage à blé, bluterie et monte-sacs. Dix ans plus tard, il remplace une des roues hydrauliques par une turbine. Quant à la dernière roue, elle actionne, par le biais d’un arbre de transmission de cinquante mètres, une scierie transférée au niveau du sol.

Les moulins vers 1800

En 1884, la Municipalité du Locle rachète les moulins car elle convoite surtout la concession sur le cours d’eau, qui lui permettra de le modifier pour assainir la vallée. En 1898, les moulins sont transformés en abattoir-frontière. Instaurés par le Département fédéral de l’agriculture, ces établissements remplissent essentiellement un rôle de contrôle sanitaire des bestiaux importés. Au début du XXe siècle, l’abattoir-frontière du Col-des-Roches s’agrandit, se dotant de nouveaux bâtiments et d’installations dernier cri. Malheureusement, l’abattoir se sert de la grotte comme d’un dépotoir pour les déchets carnés et les eaux usées. A sa fermeture, en 1966, l’emposieu du Col-des-Roches est gravement pollué.

En 1973, un groupe d’amateurs d’histoire et de spéléologie entreprend le nettoyage de la grotte et la restauration partielle des moulins. Après quinze ans de labeur courageux et bénévole, la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches peut rendre au public les Moulins souterrains du Col-des-Roches.

 

 

Sentier des Tourbières des Ponts-de-Martel (source : www.randonature.ch)

Depuis le retrait des glaciers, nombre de vallées jurassiennes se sont vu transformer en marécages. Pour l’homme, ces zones inaptes à l’exploitation agricole constituaient un problème qu’il fallait résoudre et sans qu’il le sache, un lent processus était en train de conditionner tout le futur de ces régions. Mais qu’est-ce que la tourbe et comment se forme-t-elle ? Lors de leur retrait, les glaciers ont laissé il y a quelques 120'000 ans, une couche argileuse imperméable appelée marne. Cette couche recouvre le fond de la vallée. Cette marne n’est arrosée que par des eaux de pluie, très pauvres en éléments nutritifs et de rares plantes peuvent survivre à ces conditions. L’une d’entre elles est la sphaigne, une espèce de mousse rouge qui sécrète des acides qui colorent l’eau d’où le nom de Marais-Rouge. La sphaigne a la propriété d’une éponge qui absorbe jusqu’à 30 fois son poids en eau et transforme les  tourbières en grosse éponge. La décomposition de ces plantes, freinée par la grande quantité d’eau qu’elles contiennent, donne un amoncellement de végétaux morts appelé tourbe.

Au début du 18e siècle, l’exploitation du bois bat son plein et la forêt a de la peine à se reconstituer. C’est en 1713, selon une pratique inspirée des pays nordiques, que l’exploitation de la tourbe comme combustible de chauffage débute dans le Jura neuchâtelois. Durant la 2e guerre mondiale, le charbon manque et l’exploitation des tourbières devient industrielle. Plus tard, la généralisation de l’utilisation du mazout et de l’électricité stoppe l’exploitation des tourbières.

Dans les tourbières, aujourd’hui protégées, la nature a pris le dessus et le paysage a totalement changé. Forêts de bouleaux, landes à bruyères ont fait leur apparition et enchantent ces paysages.