Le Cercle mange des demi-cercles et cultive les traditions romandes,

Dimanche 23 août 2013

Le pique-nique traditionnel de mi-août de notre « Cercle » n’eut pu être qu’une réunion de grillades aromatisées à la guêpe commune. Mais la météo, Philippe, Eric et Anita en avaient décidé autrement et il nous fut même possible, ô comble d’originalité, de manger chacun au moins un « demi-cercle ». Pour les non-initiés, il est donc nécessaire de donner quelques explications. La « torée » est un cérémonial originaire des montagnes neuchâteloises consistant à cuire sous la braise un saucisson neuchâtelois entouré de feuilles de choux et de papier de journal (de préférence « L’Impartial » de Neuchâtel) accompagné de pommes de terres. Notre maître-queue du jour, Philippe avec ses adjoints déjà cités nous ont fait le plaisir de jouer la variante tramelote de ce plat avec pour chacun un demi-cercle, c’est-à-dire une part de saucisses à cuire produites par paires (un « cercle » en jurassien), assaisonnée d’oignons et emballée pour la cuisson de papier de viande et de journaux strictement francophones. Il semble en effet que malgré notre culture insigne de l’amitié confédérale et du bilinguisme, toute torée faisant usage de journaux rédigés en allemand représente un danger grave pour la réussite de cette recette. À peine le feu atteignait le stade favorable de grosses braises que Verena et Albert nous activaient l’appétit avec un (ou même plusieurs) bons verres de « St-Saph » et tout se préparait à merveille pour jouir du fumet de la viande subtilement cuite dans son propre jus. Après que la dare (ou le dé selon votre provenance romande) se consumant avec une énorme émission de fumée eut indirectement donné le signe indien, plus de trente personnes jouirent donc de cette délicatesse culinaire, puis du soleil et de la douceur revenus avec le dessert. Même notre ami Ami eut droit à un énorme réflexe de Pawlov (pour ceux qui l’ont oublié: une forte salivation à la seule idée d’un bon plat, même si celui-ci n’est pas là) puisqu’ une des originales de notre cercle eut l’insigne élégance de le contacter par téléphone ce jour-là, en Ecosse, vers midi, pour lui demander si elle avait encore la possibilité de venir au pique-nique en s’annonçant un tant soit peu tardivement. Mes chers amis, le « Cercle » en était ainsi comme à nouveau fermé !

Jean-Pierre Barras