Visite du château Waldegg, le 6 septembre 2013

La visite guidée du château de Waldegg eut lieu le 6 septembre dans la douceur d’une fin de journée lumineuse. Son conservateur, M. Schluchter nous a reçus avec humour et gentillesse. Il nous a présenté, d’emblée, le programme en trois parties :

1ère partie : visite de l’intérieur du château sous sa direction

2ème partie : visite du jardin par la jardinière Mme Carol Kündig

3ème partie :…on s’attendait à l’annonce d’une partie peut-être théorique, mais M. Schluchter dit :                     « l’apéritif » … applaudissements !

Introduction : Construit entre 1682 et 1686, le château de Waldegg est un bijou d’inspiration baroque, où des éléments de style français et italien se mêlent à l’architecture d’une typique « Türmlihaus » soleuroise. Il fut la résidence d’été des de Besenval, puissante famille patricienne en lien avec le Royaume de France. De 1530 à 1792, la France a maintenu une ambassade permanente à Soleure. En 1963, le château de Waldegg devint une fondation de droit public, propriété du Canton de Soleure par contrat de donation et d’achat conclu avec la famille von Sury, dont quelques descendants vivent encore aujourd’hui dans l’aile orientale.

1ère partie : L’exposition intitulée « Qui tire les ficelles ? » met l’accent sur la période entre la guerre de Trente Ans et la Révolution française (de Louis XIV, 17ème siècle, en passant par Louis XV et Louis XVI, 18ème siècle, jusqu’à la Révolution française). Les onze protagonistes de l’exposition sont présentés de manière originale, en photos agrandies, autour d’une grande table : huit membres de la famille de Besenval sur quatre générations, et trois ambassadeurs. Dans chaque pièce, on trouve à disposition une vitrine et des tiroirs explicatifs, notamment  en ce qui concerne les tableaux accrochés aux murs, l’ex-position d’objets illustrant la vie de ce temps, ainsi que des commentaires historiques. Aux deux étages que nous avons visités, des portes peintes en trompe-l’œil réussissent à nous tromper vraiment, faisant croire à une enfilade de pièces surprenantes.

Les de Besenval, l’une des principales lignées dirigeantes de Soleure, connurent une ascension rapide favorisée par les gains tirés du commerce du sel et du mercenariat, ainsi que par les mariages. Les mercenaires suisses étaient au service des souverains européens, en particulier de ceux de France, puissance protectrice et partenaire économique de l’ancienne Confédération. En effet, le roi de France avait intérêt à une Confédération unie et stable, avec laquelle il avait signé un contrat lui permettant de compter sur un contingent suffisant de mercenaires. Les liens étroits des grandes familles suisses et des cantons avec les dignitaires étrangers étaient récompensés par des pensions et des titres de noblesse. La Révolution française accéléra le déclin du mercenariat, corolairement celui du système oligarchique. Parmi les auxiliaires didactiques, on trouve une vitrine animée présentant les échanges entre Paris et Soleure : des hommes contre des biens, ainsi qu’un enregistrement audio relatant la visite d’un ambassadeur de Louis XIV.

2ème partie : Le jardin en lui-même est constitué des deux allées qui mènent au château, du parterre baroque (au sud), de l’Orangerie (qu’il est possible de louer) et du jardin potager. C’est ce dernier que nous avons eu le plaisir de visiter avec Mme Kündig. Notre guide nous a fait partager l’amour de son métier. Des légumes d’aujour-d’hui et d’autrefois, ainsi que des variétés de fleurs et de buissons poussent dans des carrés « à la française » entourés de bordures de buis.

3ème partie : L’apéritif délicieux était préparé dans ce cadre magnifique « comme au théâtre ».

Je suis retournée au château et j’ai erré pratiquement seule dans les salles. L’accueil est particulièrement agréable, le prix de l’entrée particulièrement modique (Fr. 6 ; réduit Fr. 4) et enrichissante l’excellente petite brochure (en français), dans laquelle j’ai puisé pour la rédaction de ce compte-rendu. Une visite au château de Waldegg est un plaisir à ne pas manquer.

Denise Amstutz