Conférence Omoana 10 ans déjà par Adrien Genoud, le 24 avril 2014

Omoana, qu’est-ce ?

Omoana veut dire enfant en ougandais ! Omoana est une ONG active en Ouganda. Elle a été fondée en 2003 par l’orateur de la soirée qui, à 17 ans, se sentit appelé à se mettre au service des pauvres d’entre les plus pauvres afin de soutenir des petits Africains, enfants orphelins, victimes de la guerre. Sous le régime d’Amin Dada, il y eut nombre d’enfants séropositifs, mal nourris, atteints de diarrhée, d’infections, très affaiblis. Cette situation toucha une bande de copines et de copains du Collège de Bulle, qui se sentirent concernés et donnèrent un coup de main à Adrien.

L’Ouganda est entouré du Ruanda, de la République démocratique du Congo, du Soudan équatorial, du Kenya et de la Tanzanie. En 1962, cette ancienne colonie britannique est devenue indépendante. Le pays compte 35 millions d’habitants mais 56% de sa population est âgée de moins de 18 ans. Ce fait représente donc un immense challenge pour le futur car il faudra donner du travail à cette jeunesse. Amin Dada a saigné le pays jusqu’à la fin des années 70. Il en résulta 2,6 millions d’orphelins et 190'000 enfants séropositifs. L’espérance de vie des personnes est de 54 ans, 9% des enfants de moins de 5 ans décèdent avant d’avoir atteint cet âge-là. 29% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Sur le plan du SIDA, l’Ouganda était le pays le plus infecté avec une proportion de 30% ; mais la sensibilisation a permis de passer actuellement à 7,2% de la population.

Pour cerner le sujet, l’orateur projeta un court film montrant les réalisations entreprises pour atténuer cette misère. L’étincelle vint d’une femme qui recueillit un enfant qu’elle prénomma Moses. Ce nom fut donné aussi au "St Moses Children’s Care Center" fondé dans les années 70 pour prendre en charge des orphelins et enfants vulnérables. Tout est entrepris pour les soigner et leur rendre la santé qui leur facilitera une réintégration dans leur communauté d’origine. Omoana soutient activement cette institution.

Puis en 2008, Omoana construisit Omoana House pour accueillir des enfants séropositifs, souvent en dernière phase du SIDA. Ils reçoivent alors des soins adéquats dispensés par des médecins, des infirmiers et des travailleurs sociaux. Lorsqu’ils sont stabilisés, ils retournent chez eux. Sur 140 enfants traités, une trentaine est décédée mais les guérisons sont spectaculaires. A l’exemple d’Ibrahim Mougamba qui avait 16 ans, était tuberculeux, avait une méningite, le SIDA en phase 4 ; il est maintenant un des meilleurs de sa classe et veut devenir médecin. Le fait qu’il y ait une augmentation des sidéens est provoqué parce que ce sont en majorité les citadins qui ont accès aux soins, tandis que les campagnards ont moins de possibilités.

Dans le cadre des réinsertions de jeunes, les microcrédits ont une importance de premier plan. Les bénéficiaires reçoivent une formation, apprennent à gérer un budget. Ce sont de tous petits prêts, les premiers sont d’une quarantaine de francs. Le montant est doublé à chaque prochain emprunt, après remboursement intégral du prêt précédant. Actuellement 2200 familles en profitent ; le taux de remboursement est de 100% ! Avec le jeu des intérêts, le système s’autofinance.

En collaboration avec un partenaire local, Omoana a mis en place, depuis 2012, un centre de formation en agriculture afin d’augmenter la production agricole familiale écologique permettant d’éviter l’exode rural et une mainmise des multinationales. Cette activité a quintuplé le rendement. Les meilleurs élèves sont alors formés comme formateurs puis envoyés dans les villages où ils enseignent en établissant des jardins de démonstration. Une porcherie avec 100 porcs, un poulailler avec 800 gallinules ont été créés. Avec l’accès au microcrédit, cette manière de faire donne des ailes aux étudiants. Le pays compte nombre d’Hindous, reliques de la colonisation. Mais les Chinois reviennent en faisant main basse sur les terrains cultivables et les produits du sous-sol. Avec 3 partenaires, Omoana finance aussi de nombreuses scolarités et formations professionnelles, ce qui promet à la jeunesse un avenir serein.

En fin de soirée des confitures et des bricelets furent vendus, procurant un montant suffisant au financement d’une quinzaine de microcrédits. L’orateur ayant aussi répondu à de nombreuses questions c’est ainsi que se termina une soirée très informative. Nous souhaitons à Adrien Genoud et à Omoana un bel avenir pour le bien de l’Ouganda.

Eric De Bernardini

Site de l’association www.omoana.org