50èmes journées de Soleure,  janvier 2015

Le 50ème festival du film de Soleure s’est déroulé dans la belle ambiance habituelle. La météo n’est pas très importante, même si elle se fait parfois sentir lors des déplacements d’une salle à l’autre… L’embarras du choix des films a donné bien du fil à retordre aux mordus voulant en voir le plus possible. Le programme exhaustif sur le site www.journeesdesoleure.com a été toutefois d’un grand secours. On y trouve maints détails, ainsi que souvent un « trailer » (dans ma jeunesse, on disait un « lancement »).

ThuleTuvalu : Le réchauffement du climat nous a, une fois de plus, bien interpelés. Pendant que la glace fond à Thulé, au Groenland, l’eau monte à Tuvalu, une île corallienne du Pacifique dont les habitants sont contraints à l’exil. Children of the Artic : Portrait de jeunes natifs d’Alaska qui se débattent avec leur rôle d’héritiers d’une culture en péril que je conclus sans élégance par « tout fout le camp ! » mais avec une profonde nostalgie. Usfahrt Oerlike de Paul Riniker a gagné le Prix du Public. Film très sensible et émouvant, surtout si l’on sait l’état de santé des protagonistes. Il sera prochainement dans les cinémas. Das Deckelbad – Die Geschichte der Katharina Walser : Le film qui, cette année, m’a le plus marqué. Katharina Walser, paysanne de montagne, ne cesse de se faire chicaner par les autorités. Dans le village, les Tannbühler sont également marginalisés – Katharina ne correspond pas aux idées de bienséance, de savoir-vivre et de moralité des villageois. Lorsque son fils aîné est victime d’un accident de bûcheronnage, c’est comme si le sol se dérobait sous les pieds des Tannbühler. Malveillant, le syndic de la commune pense que l’heure est venue de faire intervenir les autorités. Il enlève leurs enfants aux Tannbühler, Katharina Walser est enfermée pour longtemps en hôpital psychiatrique et son mari finit en prison. Pour tous, cela signifie l’enfer sur terre (Citation du programme). Ce film s’inspire d’un authentique destin en Suisse orientale entre 1929 et 1955, époque où l’Autorité enfermait les gens en psychiatrie, en prison ou en orphelinat sans grande forme de procès. L’histoire très bien filmée qu’on nous raconte nous tient en haleine jusqu’à sa triste fin. Elle m’a fait penser à deux films célèbres : Verdingbub et Vol au-dessus d’un nid de coucou.

Parlé en authentique patois de la Vallée du Rhin saint-galloise moi, qui ne sais assez d’anglais que pour ne pas mourir de faim et de soif dans un Mac Donald’s, ai pourtant dû parfois m’aider des uniques sous-titres en anglais… Cependant, on nous assure un sous-titrage plus complet pour la sortie en salle en avril prochain (www.dasdeckelbad.com).

Je me réjouis d’ores et déjà des 50 prochaines éditions…

Albert Fahrni