Visite du Musée Blumenstein, samedi 2 mai 2015

Nous avons eu le plaisir de visiter le Musée Blumenstein sous la conduite avisée de Marie-Lise Studer. Dans le hall d’entrée au bel escalier monumental, Marie-Lise nous donne un historique de la maison :

  • Avant 1624 : propriété de la famille Gibelin
  • Après 1624 : propriété de la famille Greder (durant environ un siècle), qui acquiert de nouvelles terres limitrophes, plante des centaines d’arbres d’essences différentes, pour ne citer que 90 arbres fruitiers et 200 tilleuls.
  • 1709-1856 : famille  von Stäffis de Mollondin (durant 150 ans); Franz Heinrich von Stäffis de Mollondin (1673-1749) est marié à Franziska Greder (1674-1743). Diverses nouvelles constructions, par exemple l’orangerie.

De 1725-27, démolition complète de l’ancienne résidence, sauf les caves et la cuisine, et construction du manoir dans sa forme actuelle. Jusqu’en 1856, la propriété resta dans la famille von Stäffis de Mollondin, qui fit des rénovations et acquit des terres s’étendant en terrasses jusqu’à Fegetz.

1856-1933 : propriété de la famille Glutz. En raison des difficultés économiques durant la 1ère guerre mondiale, la famille est obligée de vendre petit à petit une partie des terres.

1933-1951 : propriété  de  la  famille Hirt, qui acquiert la propriété pour la somme de 85'000.- francs, rénove soigneusement l’intérieur et achète certaines pièces de l’ancien mobilier dispersé.

1951 : Propriété de la ville de Soleure (Prix d’achat : Fr. 170’000.-) Rénovations ; la propriété, désormais ouverte  au  public,  devient  Musée d’Histoire de la ville.

Un incendie dans les communs, la restauration de la façade et du toit, du hall d’entrée et du premier étage entraînent la fermeture du musée pendant plusieurs années.

1999 : Réouverture du musée présentant sa nouvelle exposition permanente au 1er étage « Leben in Solothurn » (la vie à Soleure).

La visite des appartements

La salle à manger, haute de plafond, lustre en bois sculpté, cheminée à carreaux de faïence peints à l’intérieur du foyer et manteau en faux marbre de bois peint surmonté d’un miroir à facettes et du portrait de Franz Heinrich von Steffis, remarquable sol très ancien en tomettes, aux murs des portraits, une grande tapisserie, une étagère garnie de faïence bleue et au milieu la table à manger avec, à la place du maître de céans, construite dans les pieds de la table, une petite armoire lui permettant de sortir la bouteille de vin si l’hôte méritait cette faveur.

Le petit boudoir, lieu intime de modestes dimensions, tapissé de papier peint décoré de motifs chinois  très en vogue au 18ème siècle. La chambre à coucher, grande baie vitrée à petits carreaux, très grande hauteur de plafond comme dans toutes les pièces du rez-de-chaussée, ici orné de moulures en stuc, lustre en bois sculpté, cheminée en vrai marbre, grand miroir, très nombreux portraits et un lit à baldaquin.

Grand salon : plafond à moulure et grand lustre à pampilles, des instruments de musique ancêtres de notre piano, comme un clavicorde (1780) et un piano forte, cheminée en marbre, immense miroir, ainsi que de nombreux portraits, dont ceux  de Franz Heinrich von Stäffis et de Franziska, le couple qui fit construire la résidence telle que nous la connaissons. Tous les parquets de chêne sont anciens et absolument magnifiques.

Le  musée  de  ce  grand  manoir  ne porte  pas  uniquement  son  attention sur la société patricienne et les ambassadeurs,  mais  il  essaie  de  faire voir  aussi  l’envers  du  décor.  Qui s’occupait  des  tâches  quotidiennes, du bien-être des propriétaires et des réceptions  somptueuses ?  De  nombreuses personnes œuvraient en cou- lisse.  Par  des  escaliers  étroits,  on peut  encore  accéder  à  de  petites pièces inchauffables, où s’activait un personnel laborieux presque invisible. Au premier étage, il faut citer encore l’horloge de Pfähler datant de 1609, une  merveille  de  l’horlogerie  nais- sante, et la maquette de Soleure vers 1800 montrant l’ensemble des fortifications baroques à la Vauban.

Avec un grand merci à Marie-Lise de nous avoir offert cette visite intéressante.

Denise Amstutz