Quand l'histoire rencontre la musique, le 18 mai 2017

 

    

 

Belle affluence ce soir-là à la salle de musique du château de Waldegg pour la conférence de Julien Grand sur la famille de Besenval entre la guerre de Trente Ans et la prise de la Bastille. Franziska Schumacher à la flûte et Heinz Strohbach à la guitare nous mettent idéalement dans l'ambiance par des œuvres musicales françaises du temps du Roi Soleil. L'historien nous promène dans le centre de l'Europe du 17ème siècle, agitée par les conflits des puissances française et impériale austro-espagnole, avec toutes ses frontières à géométrie variable. Il esquisse les traits de caractère de Martin Besenval, ce commerçant issu du Val d'Aoste savoyard, qui par ses activités à Lyon, Salins, Augsbourg et en Alsace nous pousse à réaliser que la globalisation ne date pas d'hier. Le chercheur questionne les faits derrière les mythes, montre les exercices d'équilibre nécessaires à protéger les intérêts de la famille dans cette Alsace qui déjà était objet de la convoitise de plusieurs puissances. D'une génération à l'autre, les Besenval centrent leur énergie sur la cour royale de Paris, tout en gardant de complexes relations avec les autres familles nobles alors au pouvoir dans notre Ville des ambassadeurs qui fut à vrai dire bien plus « La Ville de l'Ambassadeur ». La musique suit les évènements sous forme de demi-rêve et, à la fin, nous transporte dans la douceur pleine d'érotisme voilé de Buenos Aires du début du vingtième siècle, même si le compositeur est un Alsacien contemporain. Plus de deux heures tout à la fois à évoquer et à oublier le temps.

 

Jean-Pierre Barras