Hommage à Jacques Chessex
Hommage à Jacques Chessex
par Marianne B. Wilhelm avec introduction par Eric De Bernardini.
Monique Liechti se réjouissait particulièrement de recevoir le 10 octobre Jacques Chessex à la galerie Arte Sol où elle exposait  son œuvre picturale. Infatigable se croyait-il, mais peut-être trop sensible. Jacques Chessex donnait, le soir avant, une conférence à Yverdon. À l’heure des questions, Jacques Chessex s’effondra et quitta la scène à tout jamais.
Après la disparition de l’artiste, le vernissage à Arte Sol ne pouvait être qu’un hommage à la mémoire du décédé, seul écrivain romand ayant reçu le prestigieux Prix Goncourt. L’exposition des peintures de Jacques Chessex a cédé sa place à une autre, mais le ton du texte de Marianne B. Wilhelm, intervenante au vernissage, est si juste que je ne peux résister à l’envie de vous le faire goûter:
"Les tableaux présentés dans le cadre de cette exposition ont été réalisés au cours des 15 dernières années. Ils traduisent le monde intérieur de l’artiste dans ses facettes multiples, ses tourments et ses phantasmes, autant de tentatives de sonder les abîmes de l’âme humaine et de les exalter en les figeant sur papier.
Pareils à des fugues, certains thèmes se répètent et se conjuguent dans toute leur ambivalence: le Minotaure, l’homme et la bête, les squelettes, "chattemite", le corps de la femme, les portraits rappelant Picasso, le rouge et le noir, le taureau, les soleils couleur sang.
Ce sont des tableaux puissants, voire violents par le choix des couleurs, par les sujets dans leurs multiples variations sur un même thème. On aime ou on n’aime pas – mais en aucun cas l’on ne saurait y rester indifférent. Et peut-être saurons-nous y déceler la présence du "Duende", ce génie qui rôde lors de certaines nuits "flamencas" pour imprimer son rythme obsédant et saccadé au chant profond – au "Canto hondo" – ou à la danse frénétique de l’amour et de la mort enlacés à jamais.
C’est l’histoire d’une passion au sens premier du terme".