Les cancans d'Honolulu
En tant que plumitif occasionnel, nul besoin de
s'emBarrasser, pas de crainte du Boulet, on n'se fait pas qu'des
Ami(s), m'enfin, où y a de la gêne, y a pas
Eugène !
A la Couronne ce mardi gras 2011, on eût pu
croire que dans la grande salle de ce vénérable paquebot
de la vie sociale soleuroise avait été organisée la
« soirée du capitaine » tant celui-ci en
imposait dans son élégante tenue, au point que les
représentants du haut Conseil d'Etat, même le plus grand
d'entre eux, en avait perdu de leur superbe. Erreur, mes ami(e)s,
vous vous êtes fait mener en bateau ; le capitaine en
question était un capitaine d'aviation à la fine
moustache grisonnante, à la voix sensuelle, aux yeux bleus
cachés par de sombres lunettes lui permettant, sans s'attirer
les foudres de la cheffe de cabine non moins élégante qui
l'accompagnait, d'admirer les élucubrations et les tailles de
guêpes d'un essaim de chanteuses qui, faute d'être
toujours compréhensibles, contribuaient heureusement au
maintien du taux hormonal des mâles présents. Comment
après de tels spectacles, ne pas avoir envie de s'envoyer en
l'air ? Mais il y en avait, à vrai dire, tout
autant soit pour les oreilles de nos compagnes, avec la belle
voix basse d'un grison (Grison ?) exilé sur les
pavés de la « Calla de los Burros », soit
pour leurs yeux, avec les magnifiques muscles d'un autre chanteur
ou les nombreuses bedaines des « pavarettinis »
de service.
Janine, une fois de plus, attirait sur elle les
regards de nombreux jeunes admirateurs de son âge avec un
tain, (pardon un teint) asiatique à points noirs qui ne
faisait en réalité qu'allusion au tournesol, à la
différence, bien sûr majeure, que dans ce cas le
tournesol s'était transformé lui- même en soleil. Au
moins trois de ses chevaliers servants complétaient le tableau
d'ensemble avec des couvre-chefs dont la taille était en
proportion inverse à leur esprit.
Saviez-vous qu'à la place du Sesseli on va
construire une nouvelle ligne du Bipperlisi jusqu'au sommet
de « notre montagne » ? Connaissiez-vous
les strophes du nouveau Solothurner Lied ? Saviez-vous comment
on pourrait améliorer les résultats des Suisses au test
Pisa ? Tout cela et bien plus encore, vous auriez pu
l'apprendre sous l'insigne conduite de notre capitaine, de sa
maitre(sse) de cabine et d'une vingtaine d'autres membres hilares
de notre Cercle, sans devoir vous limiter au verre d'eau qu'avait
bu devant la dite Couronne, il y a des lustres, le déjà
petit prédécesseur du petit Nicolas. Nous avons un grand
capitaine, nous…
Le mouton noir
(toute allusion à des personnes connues
n'est que le fruit d'un pur hasard)